Memorial Patton

William Wyatt PATTON jr, plus connu sous le nom affectif de  « Junior » est né le 10 Janvier 1918 à Stella dans le Missouri. Grandissant dans la ferme familiale de Granby prés de Stark city, il est le fils de William W PATTON Senior et de Rhoda F PATTON. Il est l’aîné des trois enfants. Le jeune William, qui poursuit une scolarité brillante, se montre particulièrement doué. En 1930, à l’age de 12 ans, il reçoit un certificat d’honneur de l’école de Neosho. Il raffole des bananes recouvertes de crème glacée. Très vite,  une passion  commence à naître en lui: les avions. Passion qui lui écrira un destin court et intense.

Historique

Engagé volontaire à 16 ans

En désaccord avec son père, il s’engage dans l’US Army Air Corps à l’age de 16 ans en Juin 1934 grâce à la signature de sa mère. Diplômé de la Midway High School, le première classe PATTON 6256361 arrive alors au Texas à Randolph Field. Les supérieurs militaires le jugeant trop jeune  l’affecteront dans un premier temps au Mess des officiers.En 1939, il reçoit le grade de sergent par le Colonel John B Brook.  Le destin de ces deux hommes se croisera à nouveau à la fin de la guerre. Le 12 Septembre 1940, il est à Honolulu sur la base d’Hickam Field, il y est  nommé  Staff/Sergeant par le Capitaine Louie P Turner.

patton_historique_01
Pearl Harbor

Le matin du 7 décembre 1941, la flotte japonaise attaque les installations militaires et civiles hawaïennes. Plus de 300 avions, en deux vagues successives, prennent pour cibles navires, avions et bases…
Survivant de cette entrée en guerre qui a causé de nombreuses pertes parmi  ses camarades, William est promu  au grade de Technical Sergeant le 1 Février 1942.
Toujours sur la base d’Hickam au sein du 5ème groupe de bombardement,  il participe en Juin aux missions contre les navires de l’escadre Japonaise pendant la bataille de Midway. Le 3 Septembre 1942, il accède au grade  de Master Sergeant. leo.

patton_historique_02
Devenir Pilote

Sur recommandation de son chef d’unité, il  intègre l’école d’officiers. Déclaré apte à la formation en vol, il est transféré en Californie, au centre de formation de la cote Ouest.L’élève pilote Patton effectue ses premières quarante minutes de vol aux commandes d’un Boeing Stearman PT-13B. Le 15 Juin, il reçoit son certificat portant la mention « Primary flying time correct ».L’élève pilote Patton, de retour à Gardner, est intégré le 27 Juin à l’Aviation Cadet School, pour la formation « Basic ». Au 25 Aout,  il totalisera 145h de vol.  Il y apprend le vol aux instruments, vols de nuit avec atterrissages éclairés ou en « Black-out ».

Après une qualification bimoteur sur les Beechcraft B-18, voici le temps de passer à la qualification de Pilote et Copilote sur B-17F.  C’est sur l’aérodrome de HOBBS, le 19 Janvier 1944, au Nouveau Mexique, que le sous-lieutenant  Patton  reçoit le diplôme de l’Army Air Force Pilot School sur B-17F. Enfin c’est le moment de prendre le chemin de l’Europe pour faire partie des centaines de bombardiers qui décollent chaque jour vers le Reich. Lors de ces missions périlleuses des dizaines d’équipages subissent les assauts de la Luftwaffe et les redoutables tirs de barrage de la Flak.

patton_historique_03
Pilote de Bombardier

En Mai 44, dès son arrivée sur sa base en Angleterre, William est affecté  à la 8th  Air Force pour le bombardement à long rayon d’action.  Les installations de la 8th Air Force sont une véritable  ruche qui  représente près de 2000 avions. Ils sont organisés en 12 bases pour les groupes de bombardiers, et 15 bases pour la chasse. Tout d’abord au 94ème groupe de bombardement, William est transféré au 560ème squadron de l’important 388ème groupe de bombardement à long rayon d’action. Il participe avec son équipage au tour d’opération :25 missions. C’est ce que l’USAAF demande à ses hommes pour rentrer chez eux. Les chances de survie sont seulement de 5/25 lors des premières missions …
Pendant son service au sein de cette unité, il obtiendra l’Air Medal et quatre Bronze Service Stars pour ses missions en Normandie, dans le Nord de France, les Ardennes et la région du Rhin.A la fin du tour d’opérations, les survivants peuvent regagner leur foyer.  La plupart des hommes d’équipage repartent vers leur famille, mais quelques-uns d’entre eux restent pour former un groupe de volontaires sélectionnés pour le projet Top Secret Aphrodite.

patton_historique_04
Le projet Aphrodite

Suite à la menace directe des V-1 et V-2 , les états majors Américains et Britanniques recherchent une solution pour détruire les aires de lancement de ces nouvelles armes. Les Anglais remplissent les soutes des énormes Lancasters avec une seule bombe, la « Gran Slam ». De plus de 10 tonnes, elle est  larguée à 12 000 m d’altitude et  pénètre de 30 m avant explosion dans  les fortifications résistantes aux bombardements conventionnels. Les américains, sur proposition du Général Doolittle,travaillent, quant à eux,  sur le projet des drônes.
Le 26 Juin 1944, le général Doolittle accepte de modifier 25 B-17 pour les transformer en drônes et plus particulièrement en bombes volantes. Le but final étant d’amener les B-17 à s’écraser sur leur objectif avec 9 tonnes d’explosifs à haut pouvoir destructeur. Une première caméra placée devant les instruments restitue les informations de pilotage pour que l’opérateur au sol puisse prendre le relais en Angleterre après l’éjection des membres d’équipage. Une seconde caméra placée dans le nez en plexiglas de l’appareil, lui donne une vision globale de l’objectif. Le pilotage à distance se fait jusque la cible par l’intermédiaire d’un système de Radio-Contrôle. Mais le projet Aphrodite a besoin de pilotes malgré sa phase de pilotage automatique. Pour cela, Doolittle recrute comme à son habitude des petits groupes de volontaires, triés parmi les meilleurs, car ces missions se révèlent être très dangereuses.
Le 15 octobre 1944, à bord du B-17 G 42-37743, en compagnie du Lt J.W. Hinner, William décolle pour l’une de ces missions Aphrodite.Ces missions ne connaissent que très peu de succès et se révèlent plus dangereuses pour les équipages que pour les Allemands. Le projet est arrêté le 20 janvier 1945.

patton_historique_05
La Scouting Force

Ayant constaté que les chasseurs allemands ou la Flak n’avaient jamais réussi à faire reculer les bombardiers de la 8th Air Force, mais que le mauvais temps y était parvenu plusieurs fois, le colonel Budd J Peaslee propose que des chasseurs soient envoyés en éclaireurs .  Ils transmettront des informations essentielles concernant la météo et l’activité ennemie sur l’objectif. Après avoir été pilote de bombardier et avoir reçu la Distinguished Flying Cross, William a rempli son devoir. Cependant, il se porte à nouveau volontaire pour être pilote de chasse. Le fait de passer de pilote de bombardier à celui de chasseur est assez rare et prouve la reconnaissance de son commandement. Après une dure sélection qui ne laisse passer que les meilleurs, William est affecté sur la base de conversion de Goxhill pour voler sur T-6 NA. Puis il est de nouveau transféré au 55ème groupe de chasse au Collège de Clobber pour son entraînement sur P-51.

avion_patton
Le 15 janvier 1945

Le 15 janvier 1945, Son ancien groupe de bombardement, le 388th BG, va effectuer une mission au sud de Munich sur la gare de triage d’Ausbourg  dans la région de Lechfeld. La 3ème Scouting Force fera la reconnaissance météo. On signale ce jour-là pour l’Europe des raids regroupant plus de 800 bombardiers alliés et 560 chasseurs d’escorte. Le Lieutenant  Patton  effectue sa mission sans trop de problème avec son leader, le  Lieutenant Brian .J.Booker aux commandes de leurs Mustangs respectifs. De retour de mission vers leur base en Angleterre, à la verticale Roubaix à 11h15, l’avion du Lieutenant Patton quitte sa formation en décrivant un virage à 180° sur l’aile gauche sans répondre aux appels radio de son leader. Une manœuvre qui fait apparaître un problème soudain : rupture mécanique, émanation toxique, …feu à bord ? Son Leader signalera dans son rapport qu’il le perdit ensuite de vue, car le brouillard ne permettait pas l’observation de sa trajectoire.

patton_historique_09
Missing in action
Qu’est-il advenu de William W Patton Jr qui venait d’avoir 27 ans cinq jours auparavant ? Rien, si ce n’est un rapport de la Gendarmerie du Lt. Bernardeau. Celui-ci signale le crash vers 11h30 d’un avion américain venant du Nord, à 500m de la gare de la Longueville. L’avion s’est enfoncé en terre de 3m et le pilote n’a pas été retrouvé. Plus mystérieux encore, ce rapport signale la présence des autorités américaines sur place, alors que celles-ci ont déjà des équipes spécialisées dans la récupération des équipages. Le 17 Janvier, un article de la Voix du Nord signale aussi ce crash en reprenant les termes du rapport de Gendarmerie. Puis plus rien. Au bureau des télégrammes de Neosho, un ami de la famille demanda à son supérieur l’autorisation de porter en mains propres le terrible message du Western Union. Sa mère, inquiétée de ne plus avoir de nouvelles de son fils, apprend sa disparition par ce message du secrétaire à la guerre. Depuis ce jour, Rhoda sa mère a entrepris des recherches par le biais du département à la guerre et de la Croix Rouge. Au bout d’un an et un jour et sans information, le 15 Janvier 1946, Le Lieutenant William Wyatt Patton Jr fut déclaré mort. Les parents ont toujours espéré le retrouver vivant.  Ils moururent sans rien savoir de ce qu’il était advenu de leur « Junior ».
patton_historique_08
Welcome Home Junior

Suite à la découverte de l’épave de son P51 en février 2001, le corps de William Patton est retrouvé, 56 ans après sa disparition. William Patton est enterré, le 9 novembre, au cimetière militaire de Springfield (Missouri),après un service religieux à Neosho, près de Stark City. Au “Welcome home, William” qui résonne avec tant d’émotion dans la bouche de sa famille, répond en France le respect de toute une communauté. C’est une grande preuve d’amitié Franco-Américaine qui est symbolisée. Autour de la mémoire de ce héros de la 2ème guerre mondiale, la jeunesse d’aujourd’hui peut se souvenir que cet homme, qui venait pourtant de loin, a fait le sacrifice de sa vie pour notre liberté.

patton_historique_07

Le Memorial

Inauguré le 15 janvier 2003 lors de la cérémonie, le mémorial rassemble les éléments de l’avion retrouvés sur les lieux du crash à La Longueville en février 2001.

Grâce aux documents donnés par sa famille, la vie et la carrière de William Patton sont également présentées.

LA découverte

Février 2001 : Un avion est retrouvé à La Longueville, avec à son bord un pilote américain. Cette nouvelle qui se répand dans la région va faire la une de la presse nationale et internationale. L’effervescence des premiers jours passée, les autorités américaines se mettent au travail et passent le terrain au peigne fin, une plaque d’identité est retrouvée. Grâce à elle, on associe maintenant le nom de William W. Patton à l’épave, mais il faudra encore attendre le résultat des analyses ADN pour être sûr de l’identité exacte de ce pilote venu trouver la mort un matin de janvier 1945 dans ce champ boueux. Un mémorial est aménagé au fort de Leveau et la date de l’inauguration est fixée au 29 septembre 2001.
Malheureusement, la folie meurtrière des attentats du 11 septembre repousse à une date ultérieure les cérémonies officielles.
Les autorités américaines choisissent alors la date du 15 janvier 2003, jour anniversaire de la disparition du pilote. Ce laps de temps supplémentaire imposé par les événements permet tout de même d’en savoir beaucoup plus sur le destin de ce jeune pilote âgé de 27 ans et ayant déjà accompli une carrière militaire impressionnante. C’est en revenant le 15 janvier 1945 d’une mission de reconnaissance dans la région de Munich que le lieutenant Patton sera porté disparu, le dernier contact visuel et radio étant établi au dessus de Roubaix à 11h15. Après la guerre, sa mère effectuera une foule de recherches pour retrouver sa trace, notamment grâce à la croix rouge qui mènera l’enquête à travers l’Europe et dans les différents camps de prisonniers. Des démarches qui resteront malheureusement vaines.

Le 15 janvier 2003

58 ans après sa disparition, le lieutenant Patton avait donc rendez-vous ce 15 janvier 2003 avec l’Histoire. En coopération avec les autorités américaines, les communes de La Longueville et Feignies avaient organisé une journée qui s’annonçait mémorable. De nombreuses personnalités civiles et militaires s’étaient déplacées: M. Jeanjean (sous-préfet de l’arrondissement d’Avesnes) M. Decagny (député), M.Pauvros, (maire de Maubeuge), M. Baudoux (président de la communauté d’agglomération), Mme Morisson, commissaire-adjoint de Maubeuge, ainsi que de nombreux élus locaux.

Les Etats-Unis étaient représentés par le lieutenant-colonel Kelley, adjoint de l’attaché de l’armée de l’air, M. David Roth, directeur des affaires mortuaires en France, M. Gilles Roserens, de l’ambassade des Etats-Unis, Mme Catherine Koch, consul des Etats-Unis et M. John Davis, président de l’association des vétérans américains des guerres à l’étranger.De nombreuses autorités militaires françaises étaient également là, M. le représentant du ministère de la défense, M. le commandant de la légion de gendarmerie, ainsi que beaucoup de ses représentants locaux.

On comptait également dans le public, d’importantes délégations des bases aériennes 103 et 123. Citons aussi les associations patriotiques régionales qui avaient dépêché pour la circonstance de nombreux porte-drapeau.Enfin, Connie Patton, nièce de William, accompagnée d’une amie, Mme Tamara Hadock, avait effectué le déplacement depuis le Missouri pour assister à la cérémonie à la mémoire de son oncle.